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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
ÂGE RÉEL : 27
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ANNIVERSAIRE : 03/03/1992
INSCRIPTION : 23/01/2019
Un silence apaisant enveloppait le champ dans lequel Theodora se frayait un chemin. Le vent s’immisçait dans les arbres qui bordaient l’autoroute avant de s’engouffrer dans les herbes desséchées qu’elle piétinait. La jeune femme patrouillait seule, à la recherche de matériaux pouvait aider à la réparation de véhicules. A moins de deux kilomètres de là se dressait le gigantesque centre commercial qui lui servait de refuge depuis plusieurs mois. La jolie brune s’était aussitôt rendue utile auprès de sa communauté. On lui avait enseigné le maniement des armes à feu et comment se débrouiller face aux indésirables et à la nature impitoyable.

D’ordinaire, Theo n’avait pas le sens de la communauté, mais au vu de la tournure des évènements, l’espèce humaine devait se serrer les coudes pour survivre. Après avoir perdu de vue ses frères et soeurs, elle avait tenu quelques semaines en solitaire avant d’être recueillie par un groupe de jeunes gens avenants. Ils lui avaient offert un toit et la possibilité de travailler avec eux pour rétablir un semblant de civilisation dans cette partie de la ville. Theo avait donc fait tout son possible pour s’intégrer et se rendre utile, mais ce jour-là, elle avait besoin de solitude. Avec tout ce monde, elle ne s’entendait plus penser et la nostalgie la reprenait parfois aux heures les plus ternes de sa vie. La perte de sa fratrie l’obsédait, elle ignorait encore à ce jour ce qu’étaient devenus Steven, Shirley, Nell et Luke. Et elle aurait tout donné pour retrouver ne serait-ce que l’un d’entre eux.

Elle s’éloigna donc du centre ce jour-là pour longer l’autoroute afin d’examiner les carcasses de voitures abandonnées, une sacoche pendue à son épaule. Dans leur communautés, certains véhicules avaient besoin de réparations et certaines pièces désormais inutiles à leur propriétaire s’avéraient indispensable pour assurer leur sécurité. Cela étant, prise dans le fil de ses pensées, la jeune femme se laissa dériver dans le champ qui bordait la nationale. Les pièce automobiles ne l’intéressaient plus, elle avait besoin de divaguer, de se ressourcer.

A sa taille pendait une machette qu’elle préférait utiliser à la place de son arme à feu pour se défendre contre les morts. Plus discret et inépuisable. Les hautes herbes lui montaient jusqu’à la taille, si bien qu’elle devait les écarter du bout de son fusil pour vérifier où elle mettait les pieds. Soudain, un mouvement attira son attention dans le coin de son champ de vision. D’instinct, la brune arrêta sa progression et braqua son fusil dans sa direction. Un doigt sur la gâchette, un oeil dans le viseur.

Une silhouette féminine s’approchait d’elle, titubant à l’horizon comme l’aurait fait tout mort qui se respecte. La démarche incertaine, les bras ballants le long du corps, la tête oscillant à chaque pas… Le doute n’était plus possible. Theo s’agenouilla parmis les hautes herbes en espérant que la créature ne l’ai pas aperçue et passe son chemin. Mais au bout de quelques minutes d’un silence assourdissant, Theodora constata qu’elle se trouvait toujours sur sa trajectoire.

Un coup d’oeil aux alentours. Par chance, aucune horde de zombies se trouvait à proximité. Theo replaça donc son fusil dans son dos et se releva, machette au poing pour en finir avec cette créature isolée. Un coup sec en travers du crâne suffirait. Déterminée, la jeune femme s’avança rapidement de ce corps décharné et leva son arme, prête à l’abattre sans concessions.

Et soudain, elle croisa le regard de l’être décharné qui avançait vers elle. Un regard si vif et empli de terreur que Theodora comprit immédiatement son erreur. Cette jeune femme était encore vivante, à l’article de la mort certes, mais ses derniers souffles de vies l’animaient encore. Saisie d’effroi, Theo s’immobilisa, les yeux écarquillés.

”Oh mon dieu...”

Son bras retomba immédiatement pour replacer la machette dans son holster. Il y avait donc encore des vies à sauver sur cette terre.
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Lana WintersWHATEVERLana Winters
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I'll be your fire when the lights go out
Lana & Theodora


« We'll be two souls in a ghosttown… »

Que restait-il de Lana Winters désormais ? Une coquille vide, un corps sur le point de succomber. Elle se demandait encore comment elle avait fait pour survivre à tout ça. Depuis que l’apocalypse avait déferlé sur le monde, elle n’avait fait qu’errer.
Elle pensait qu’elle ne verrait ce genre de créature que dans les films. Dans des films d’horreur, qu’elle prenait plaisir à regarder devant sa télé, accompagnée d’un plaid et de sa femme Wendy. Wendy qui avait été la première à succomber. Tout s’était passé très vite, elles avaient entendu des cris dans leur immeuble et, alors que l’ex-journaliste était partie chercher une arme quelconque, ils l’avaient eu. Wendy était sortie, sans attendre, sans arme, sans rien… Elle était descendue, pour tenter d’aider l’un de leurs voisins. Elle s’était fait mordre. Mordre Lana ? Non, elle s’est fait dévorer. Déchirer. Tu as vu sa chair se détacher, son sang éclabousser les murs. Si tu as pu t’en sortir, c’est parce que ces horreurs étaient bien trop occuper à la déguster… Si tu as pu fuir, c’est grâce à elle.
Pendant des mois, Lana s’était persuadée du fait qu’elle n’avait pas souffert, qu’elle avait dû faire un arrêt cardiaque, sous le choc. Il fallait qu’elle s’accroche à ça pour continuer à survivre, seule.

Mais tout cela ne rimait à rien. Elle avait subi bien plus qu’elle ne l’aurait jamais imaginé, avait rencontré d’autres survivants qui l’avait marquée au fer rouge. Elle se souvenait surtout d’un homme, Oliver. Il avait l’air charmant, attentionné, il l’avait rassurée et l’avait intégrée à son groupe. C’est bien trop tard qu’elle réalisa qui il était vraiment : un être abjecte, d’une cruauté sans égal. Il se faisait appeler “Bloody Face” par les membres de son groupe. Et ce qu’il fit à Lana n’avait aucune comparaison.
C’est finalement une vieille femme qui faisait partie de ce groupe qui la libéra. Et depuis, elle évitait tout contact, se nourrissant comme elle le pouvait. Mais pas assez, nettement pas assez.

Aujourd’hui, elle continuait à errer. Sans aucun but. Il était fascinant de constater que son instinct de survie était toujours présent. Comment continuait-on, sans but ? Eh bien comme ça, en marchant sans s’arrêter, en s’épuisant physiquement et moralement. En mangeant des restes qu’elle pouvait trouver ici et là, espérant qu’ils n’étaient pas contaminés. En buvant quelques gouttes de pluie par peur de tomber sur un lac rempli de restes de morts-vivants.

Elle avançait… Elle avançait dans les hautes herbes, comme un automate. Jusqu’à finalement apercevoir quelqu’un. Une femme. Elle ne l’entendit pas, elle vit tout simplement son arme avant d’écarquiller les yeux.

N-...

Elle n’avait plus aucune force et tomba à genoux avec violence.
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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Jamais Theo n‘avait vu de corps si décharné que le sien. La jeune femme qui lui faisait face n’avait que la peau sur les os. Ses traits tirés laissaient percevoir sa détresse et sa peau avait perdu toute couleur. Un fantôme… Son regard brumeux semblait l’implorer. Mais l’implorer de quoi ? De l’achever ? De la laisser vivre ?

La jeune brune ne la connaissait pas et pourtant un élan de compassion lui empoigna le coeur lorsqu’elle la vit tomber à genoux. Loin des intrigues politiques se jouant entre gangs depuis l’apocalypse, Theo ne réfléchissait pas en termes d’alliances. Bon nombre de ses compagnons l’auraient mise en garde : on ignorait tout de cette femme, de ses appartenances, de ses intentions…. Pourtant, elle se précipita auprès de cette inconnue pour lui venir en aide.

”Désolée je t’avais prise pour… Et merde !”

Parvenue à sa hauteur, Theo constata à quel point cette jeune femme était maigre. Ses os pointaient sous sa peau quasi-transparente, semblant prêts à la déchirer au moindre mouvement. Son visage, d’une maigreur cadavérique, avait dû resplendir de beauté autrefois, mais il n’en restait que des vestiges. Témoins d’une déshydratation affolante, ses lèvres avaient perdu tout éclat et se craquelaient sous l’effet de la sécheresse. Sans hésiter, Theo tira une bouteille d’eau qu’elle transportait dans sa besace. Après avoir épuisé les réserves du centre commercial, les survivants avaient trouvé un puit non-contaminé pour subvenir à leurs besoins. D’un mouvement vif, elle éjecta le bouchon et lui tendit sa bouteille.

”Tiens, il faut que tu t'hydrates, tu peux pas rester comme ça.”

Alors que l’inconnue se jetait sur la source salvatrice, Theo se redressa pour sonder les alentours. Pas de trace de morts-vivants… Pour l’instant. Elle aurait été bien en peine de les tirer de ce mauvais pas seule. Après son tour d’horizon, elle reporta son attention sur la jeune femme et posa une main sur son épaule.

”Comment tu t’appelles ? Moi c’est Theodora, mais… Tout le monde m’appelle Theo. Mon dieu, qu’est-ce qui a bien pu t’arriver ?”

Qu’importe s’il s’agissait d’une bouche de plus à nourrir, la jolie brune comptait la ramener au campement pour la faire soigner. Dans ce genre de détresse, la seule issue était la mort. Soit par manque de vivre, soit en devenant la proie des créatures qui arpentaient désormais cette terre. Où qu’ils soient dans le pays, Theo aurait souhaité que l’on agisse ainsi pour ses frères et soeurs s’ils se trouvaient en danger.


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Lana WintersWHATEVERLana Winters
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Lana & Theodora


« We'll be two souls in a ghosttown… »

L’ex-journaliste souffrait. Chacune de ses cellules hurlait à la mort, criant sa détresse. Elle avait mal jusque dans son âme. Elle aurait pu mourir à cet instant précis la jeune femme s’approcha bien plus encore. Certainement trop pour elle. Pourquoi s’occupait-elle d’elle ? Elle aurait bien évidemment pu la tuer, mais dans quel but après tout ? Elle n’avait rien, strictement rien. On ne pouvait plus rien lui voler, plus rien lui arracher.
Avant de se présenter, elle sortit rapidement une bouteille d’eau. Ne bois pas ça Lana. Ne fais pas ça ! Tu ne sais pas ce qu’il peut y avoir dedans. Et soudain, elle sursauta, comme si on venait de la brûler, comme si elle venait d’être transpercée de part en part à l’épaule. Elle réalisa qu’il s’agissait d’un simple geste “bienveillant” de la part de Theodora. Elle voulait certainement la rassurer… Seulement rien ne pouvait la rassurer à cet instant précis.

L-Lana… Je suis… Lana.

Sa voix, à peine audible, était éraillée par la soif. Elle n’avait pas eu beaucoup à réfléchir avant de s’abreuver. C’était le désespoir qui l’animait et même si elle évitait un grand nombre d’êtres humains désormais, elle s’étonnait d’avoir encore foi en quelqu’un. Elle. C’était sa sauveuse. Ou en tout cas, le tentait-elle. Si cette eau était empoisonnée, alors il était trop tard pour Lana Winters. De toute façon, elle n’avait plus rien à perdre. Lorsque nous sommes aux portes de la mort, que nous reste-t-il ?

Malgré ce geste d’une fraternité hors du commun, la blonde décharnée se méfiait. Peut-être était-ce encore un piège… Après tout, Oliver aussi lui était venu en aide. Mais dans sa voix, elle pouvait entendre la sincérité. C’est en tout cas ce qu’elle espérait.

Merci… Merci pour ça. Mais… Je vais continuer mon chemin.

Elle essaya de se lever, avec difficulté, avant d’y parvenir. Ses genoux étaient douloureux désormais, et elle sentait que ses jambes étaient bien trop faibles. Elle évita de peu une nouvelle chute et se rattrapa aux épaules de Theodora.
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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Au contact sur son bras, la jeune femme sursauta, comme si Theo l’avait frappée. La jolie brune retira sa main immédiatement pour ne pas l’effrayer davantage. Une telle réaction présageait un bien triste passé. Qu’avait-il bien pu lui arriver pour craindre ainsi le contact humain ? Ce comportement évoqua à Theo le stress post-traumatique. Elle avait pu l’observer sur les enfants qu’elle soignait avant l’apocalypse. Des enfants maltraités ou ayant été victimes d’agressions par des gangs. C’était monnaie courante là où elle vivait. Avant que le monde ne change de visage. Désormais, la mort régnait où qu’elle aille.

”Non, n’aie pas peur. Je ne veux pas te faire de mal.”

L’inconnue se présenta sous le nom de Lana. Un si joli prénom pour une situation désastreuse. Elle jeta un regard suspicieux à la bouteille que lui tendait Theo mais sa détresse l’empressa de s’hydrater.

Evidemment que tu te méfies de moi, qui sait ce que tu as pu vivre avant de me rencontrer ?

Pour lui montrer sa bonne foi, la jeune femme saisit la bouteille et but deux longues gorgées à son tour. Si Lana voulait survivre, elle devrait lui accorder sa confiance le plus tôt possible. Au vu de sa silhouette squelettique, ses jours étaient peut-être comptés. Avant même que Theo ne lui propose de s’abriter au centre commercial, la jeune femme se releva prétextant vouloir continuer sa route. Mais ses jambes se dérobèrent au premier pas : ses forces l’avaient abandonnée. Par réflexe, Theo la rattrapa avant qu’elle ne tombe pour la seconde fois.

”Hey, reste avec moi !”

La brune passa ses bras autour de sa taille pour la soutenir, mais une ombre se profila à l’horizon avant qu’elle n’ait pu venir en aide à Lana. Cette fois-ci, il s’agissait bel et bien d’un mort. Encore assez loin pour laisser aux deux femmes le temps de s’échapper.

”Désolée, mais je ne te laisse pas le choix. Sinon, on risque d’y passer toutes les deux.”

Rapidement, elle fit passer la lanière de son fusil autour de son cou et appliqua les conseils quasi-militaires qu’on lui avait inculquée au camps. Chaque survivant recevait des formations de soin ou de combat pour être parés à toute attaque. Comme Lana risquait de tourner de l’oeil à tout moment ou de la ralentir, Theo la chargea sur son dos dans ménagement. La maigreur de la jeune femme lui prêtait un poids plume qui allait leur permettre de se déplacer vite et d’échapper ainsi au prédateur. Ainsi, Theo traversa le champ en sens inverse, les bras et les jambes de la pauvre Lana pendant mollement de chaque côtés de ses épaules.

Rapidement, Theo atteignit le bord de la route. Elle se retourna brievement avant de poursuivre pour évaluer la distance qui les séparait du mort-vivant. Une bonne centaine de mètres, mais il n’était pas question de ralentir pour autant. Malgré tout, le corps de Lana commençait à peser sur les épaules de Theo. Malgré les exercices d’apprentissage, c’était la première fois qu’elle portait quelqu’un de la sorte pour lui sauver la vie. Lorsque les autres survivants l’aperçurent aux abords du centre commercial, ils lâchèrent les échelles qui assuraient l’accès au camp. Là, Theo déposa Lana au sol.

”On y est. Tu peux tenir debout ? Il va falloir bien t’accrocher pour pouvoir monter. Je ne te lâche pas, promis.”

Sans l’effrayer, Theo guida la jeune femme vers l’échelle métallique et s’assura que ses pieds étaient bien arrimés au premier échelon. Puis elle se glissa dans son dos et enroula son bras autour de sa taille avant d’agripper l’échelon au-dessus d’elle de sa main libre. Un dernier regard derrière elle lui assura que le mort-vivant était encore loin. Dès lors, elle hurla à ses équipiers de les remonter Lana et elle. Le mécanisme se déclencha soudain, assourdissant de grincements, mais hissant les deux femmes vers les hauteurs où elles seraient enfin en sécurité.


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Lana WintersWHATEVERLana Winters
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Lana & Theodora


« We'll be two souls in a ghosttown… »

Comment pouvait-elle avoir réellement confiance en quelqu’un ? Il lui était désormais presque impossible de s’imaginer confier sa vie à qui que ce soit… Seulement, elle n’avait pas le choix. Et la brune tentait de la rassurer, elle s’en rendait bien compte. Elle n’avait pas d’autres choix que de la suivre, d’autant qu’il semblait qu’un invité indésirable venait de s’incruster…
Les bras de la brune, autour de sa taille fragile, la réchauffaient. Elle commençait doucement à réaliser que, peut-être, elle pouvait espérer qu’il ne s’agisse pas d’un piège.
Et finalement… la brune la porta sur son dos. Tu vois à quoi tu es réduite Lana ? Tu es une charge qu’elle doit porter. Tu es un poids… Et tu ne peux pas te débrouiller par toi-même. Tu es pathétique et tu aurais mieux fait de mourir. Une larme, une unique larme perla sur sa joue, symbole de la honte qu’elle ressentait à cet instant. Seulement, même si c’était difficile pour elle, la vérité était qu’elle n’avait pas le choix. Elle n’avait pas eu le choix que d’accepter cette aide miraculeuse.

Où l’emmenait-elle désormais ? A quel endroit ? Loin ? Avec d’autres gens ? La peur commençait à s’insinuer à nouveau en elle. C’est rassurant, si tu as peur, c’est que ton instinct de survie est toujours présent !
Ses bras se resserrèrent doucement autour du cou de la brune jusqu’à ce que finalement, elle se retrouve sur le sol. Elle regarda la brune, puis l’échelle. Et ces gens en haut. Elle était donc dans un camp. La peur dû se lire dans ses yeux puisqu’elle entendit qu’elle ne la lâcherait pas. Au sens propre ? Au sens littéral ?

Merci...” murmura-t-elle finalement avant de commencer à monter.

Ses muscles atrophiés étaient douloureux, mais elle tenait bon. Elle devait tenir bon. Elle sentit à nouveau le bras de Theo autour de sa taille et se concentra dessus, pour oublier cette peur viscérale qui l’envahissait. Elle savait ce qu’elle quittait, mais n’avait aucune idée de ce qu’elle allait retrouver.

Quelques minutes après, elle se retrouva sur une sorte de parking et, non loin, elle aperçut comme une sorte de centre commercial. Ou du moins, c’est ce qu’il devait être avant l’apocalypse. Désormais, cela ressemblait à un camp fortifié, avec des tourelles et des personnes qui surveillaient.

Je ne veux pas m’imposer… Je… J’ai...

L’émotion retomba avec une fulgurance folle. Additionnée avec ses forces qui s’étaient envolées petit à petit, Lana perdit connaissance. La dernière chose qu’elle vit était le visage de la brune.
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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La montée sembla durer une éternité pour Theo. Au vu de l'état de la jolie blonde, elle craignait qu'elle faiblisse et les entraîne toutes les deux sans sa chute. Mais l'espoir semblait l'animer puisqu'elle s'accrochait fermement aux barreaux. Alors qu'elle la maintenait contre elle, Theo pouvait sentir la maigreur de la jeune femme. Sous ses doigts, les os de son bassin saillaient sous sa peau.

Avec un sourire de soulagement, la brune vit enfin arriver le sommet, et ses compagnons s'empressèrent de les aider.

”Doucement, les gars, elle en a bavé...”

Avant même que la jeune femme puisse expliquer la présence de Lana, la jolie blonde s'effondra. Theo la rattrapa maladroitement, mais assez vite pour empêcher que sa tête heurte le sol. Tombée à genoux auprès d'elle, la brune resserra ses bras autour d'elle. Elle se sentait responsable de sa personne à présent.

”Theo, on a déjà du mal à sustenter tous les gens dans ce camp...

”Je pouvais pas la laisser comme ça. Regarde l'état dans lequel elle est, Eric.”

Le médecin du camp soupira. Il était impossible de faire entendre raison à Theo quand elle se montrait si obstinée.

”On ne peut pas sauver tout le monde. Tu le sais bien.”

”Faut vraiment que je te rappelle le serment d'Hippocrate ? Aide-moi à la transporter, cette cavale m'a coupé les jambes.”

Sa remarque cinglante cloua le bec au jeune homme. Theo savait qu'ils manquaient de place et de vivres en ce moment mais elle n'aurait pu se résoudre à abandonner une personne en détresse. Ensemble, ils transportèrent Lana dans la zone de soin, un ancien magasin de literie où les lits qui n'avaient pas été attribués servaient aux malades ou aux blessés. En dérobant du matériel médical dans le pharmacies et l'hôpital du coin, le groupe de survivants s'était constitué une véritable clinique dans le centre commercial. Rapidement, Eric lui attribua une couche et procéda à un examen sommaire.

”Elle souffre de déshydratation et on dirait qu'elle n'a pas mangé depuis un moment.”

Le médecin apporta de quoi faire une perfusion et une poche contenant un liquide transparent. Sans hésiter, il releva la manche de la jeune femme et chercha une veine sur son avant-bras pour y planter un cathéter. Theo ignorait de quoi il s'agissait mais elle voyait une entière confiance à Eric. Celui ci lui proposa de la laisser se reposer. Il examinerait Lana plus en détails lorsqu'elle se sentirait mieux.

”Merci, je reste avec elle. Je ne voudrais pas qu'elle panique en se réveillant.”

Lorsque le médecin eut refermé la porte, Theo déposa à terre tout son attirail. Fusil, machette, besace… Elle n'en avait plus besoin désormais. Pour finir, elle tira un fauteuil au plus près du lit et s'installa confortablement pour attendre le réveil de sa nouvelle amie.


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Lana & Theodora


« We'll be two souls in a ghosttown… »

Pour en avoir bavé… Lana en avait bavé. Elle avait vécu les pires atrocités au monde. Elle avait vu sa femme se faire éviscérer sous ses yeux avant de prendre la fuite. Elle avait été abusée, violentée, réduite à l’état d’objet… La fuite ensuite, à travers les bois et les branches qui lui arrachaient le visage. Elle n’avait pas mangé depuis des jours, voire des semaines. Quelques miettes, ici et là, et un peu d’eau. Rien de probant. Elle avait su rester sur ses deux jambes, mais à l’arrivée de Theo, elle avait succombé. Theodora, sa sauveuse.

Et la première personne qu’elle vit en ouvrant les yeux. Depuis combien de temps était-elle là ? Elle ne portait pas les mêmes vêtements qu’à leur rencontre… Avait-elle eu une absence durant plus de quelques heures ? Une journée ? Deux ? Elle n’en avait aucune idée. Elle tenta de se redresser en voyant le regard de la brune, en vain. Elle resta donc allongée.

Theo… dora ? Je… Merci. Je vous remercie,” murmura-t-elle simplement.

Elle regarda plus attentivement autour d’elle. Une perfusion. On lui avait posé une perfusion. Et cela semblait faire effet puisqu’elle avait l’impression que ses forces étaient revenues. Il y avait donc un bon médecin sur ce camp.

Je suis restée longtemps… endormie ?

Elle se doutait néanmoins qu’avec tout ce qu’elle avait traversé, le repos était quelque chose dont elle avait besoin. Elle n’avait pas passé une nuit paisible depuis… des mois ? Elle n’en avait aucune idée. Là, elle se retrouvait sur un lit, elle était au chaud, couverte et elle avait la sensation de se trouver en sécurité. Méfie-toi… Il t’est déjà arrivé de croire que tu étais en sécurité…
Ce qui l’étonnait, dans tous ces événements, était que Theodora était là, à son chevet. Elle n’avait pas pu rester tout ce temps… Si ? Peut-être venait-elle lui rendre visite régulièrement. Dans tous les cas, le geste touchait la blonde bien plus qu’elle ne l’aurait souhaité. Méfie-toi. Là encore, tu t’es déjà fourvoyée de nombreuses fois. Tu n’es pas la meilleure pour ce qui est d’accorder ta confiance en quelqu’un.

Mais Theodora semblait sincère. Et si elle ne s’était pas inquiétée pour elle, un minimum, elle ne l’aurait pas aidée. Elle l’aurait laissée mourir, ou l’aurait sauvée mais ne l’aurait pas emmenée jusqu’à son camp. Elle avait certainement risqué beaucoup pour ça.

J’espère que je ne vous ai pas causé trop de soucis… Je ne voulais pas m’imposer dans votre camp. Je ne cherche pas… Enfin… Je suis très reconnaissante, croyez-moi. Mais je ne voulais pas...

De sa pitié ? De ce regard qu’elle posait sur toi ? Un regard qui signifiait “Mon Dieu, dans quel état pitoyable elle est... “ ? Tu n’en voulais pas, mais tu l’as Lana. Et pour cause… Tu es dans un état pitoyable. Un peu moins grâce à eux, mais ta peau ne cache même plus tes os. Tu as failli mourir de multiples fois… et si elle n’avait pas été là, à l’heure qu’il est, tu le serais certainement.
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Plus de vingt-quatre heures s'étaient écoulées depuis que Lana avait rejoint le camp du centre commercial. Theo ne s'était absentée que pour prendre une douche et se changer. Elle avait pris de maigres repas et récupéré ses heures de sommeil auprès de la jeune femme. Elle avait également troqué son fusil contre un revolver dans un holster qui pendait contre sa hanche. Ses armes la suivaient où qu'elle aille.

Plongée dans ses pensées, elle mit du temps à se rendre compte que Lana était revenue à elle. Alors qu'elle tentait de se redresser avec difficulté, Theo se rapprocha d'elle.

”Hey doucement… Tu es en sécurité, tout va bien.”

La jeune femme prit garde à ne pas la toucher. Elle ne souvenait que Lana avait mal réagi à peu premier contact. Il fallait lui laisse du temps pour s'adapter aux relations humaines, sans doute. Cela étant, la jolie blonde semblait se souvenir d'elle, de son prénom. Theo esquissa un sourire attendri.

”Laisse tomber les convenances, tu n'as pas à me remercier. Tu es ici chez toi si tu le souhaites. Comment tu te sens ? Ça fait plus d'un jour que tu dors.”

Une ombre passa sur le visage de Theo. Elle s'était fait un sang d'encre de la voir assoupie si longtemps.

”Je ne voulais pas m'immiscer dans ta vie, crois moi. C'est juste que je ne pouvais pas t'abandonner dans cet état. Je n'aurais pas pu me regarder dans le miroir si je t'avais laissée aux mains de ce macchabée.

En cet instant fatidique, la jeune femme n'avait pas réfléchi. Elle ne pouvait se résoudre à abandonner une personne en danger. D'autant plus s'il s'agissait d'une femme. La solidarité féminine primait en ces temps difficiles. Il ne s'agissait même pas des penchants amoureux de Theo. Les femmes étaient l'avenir de ce monde post-apocalyptique, seuls les idiots ne l'avaient pas encore compris.

”Est-ce qu'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour toi ? Tu ne nous poses aucun souci, rassure toi. ”


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En sécurité ? Lana était-elle en sécurité ? Elle en avait l’impression… Elle avait la sensation qu’aux côtés de la brune, elle était en sécurité. Mais pour combien de temps ? Elle avait l’habitude de l’éphémère. Elle s’était faite à l’idée d’être déçue et de tomber de haut… De très haut.
Mais il ne fallait pas qu’elle y pense. Le passé était le passé. Si elle ne pouvait pas passer au dessus, elle n’arriverait pas à continuer à vivre. Avec ce poids sur les épaules, elle n’arrivait plus à avancer.

Une journée ? J’en avais besoin, c’est certain. Quant à savoir comment je me sens… Je dirais que ça va un peu mieux… Et c’est grâce à toi.

Le tutoiement était finalement de rigueur. Dans un contexte comme celui-ci, faire des politesses n’était peut-être pas adapté.

T'immiscer dans ma vie...” Elle rit doucement.

Ce n’était pas un rire moqueur, c’était un rire las. Toutes les personnes qui s’étaient immiscées dans sa vie avait très mal fini… Et celles qui étaient arrivées après, sans qu’elle ne le demande, l’avaient détruite à petit feu.

Tu m’as sauvé la vie Theodora. Je ne sais même pas comment je pourrais te remercier. Comment remercie-t-on notre sauveuse ?

Cette fois, ce fut un rire sincère qui s’échappa d’entre ses lèvres. Une sensation étrange venait de s’emparer d’elle. La vie ? C’est ça ? Tu as l’impression de revivre ? C’est certainement vrai. Ne dit-on pas que le rire c’est la santé ? Tu as peut-être une chance de t’en sortir Lana. De pouvoir enfin sortir de tes ténèbres… de toutes ces horreurs. Alors réfléchit, intègre toi.

Elle avait effectivement envie de s’intégrer et de ne pas trop s’imposer non plus. Elle n’avait aucune idée de la façon dont fonctionnaire ce camp et elle se demandait si elle pourrait… y rester ? Autant, je veux bien que tu vives Lana… Autant je n’aimerais pas que tu te précipites un peu trop. Prudence…

Eh bien… Sachant que je n’arrive même pas à me redresser… Peut-être pourrais-tu me faire la conversation ? Parle-moi de toi… Qui es-tu Theodora ?

Elle lui sourit doucement avant de froncer les sourcils. Parler était épuisant. Mais parler voulait dire qu’elle avait une personne qui l’écoutait… Et ça, c’était la meilleure chose qui lui soit arrivé depuis des mois.
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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Theo se sentit soulagée que la jolie blonde aille mieux. Elle avait toujours été méfiante des médicaments trouvés après l'apocalypse. Force était de constater qu'ils étaient encore efficaces.

”C’est Eric qu'il faut remercier. C'est lui qui t'as remise d'aplomb. Moi, je n'ai fait que veiller à ton chevet.”

Depuis son réveil, Lana ne faisait que la remercier. Cela arracha un sourire à Theo. Elle semblait à la fois si méfiante et si heureuse de trouver de la sincérité dans son regard. Que lui avait-on fait pour que l'espèce humaine lui inspire autant de craintes ? Theo savait que les hommes étaient devenus pires que les morts depuis l'invasion. Dieu sait comment ils avaient pu transformer toutes leurs belles valeurs pour survivre.

”Je ne te demande rien en retour.. Appelle-moi Theo, ça suffira amplement !”

La brune lui adressa un clin d'œil et se rapprocha du lit pour évaluer le contenu de la poche suspendue au-dessus de Lana. Elle ne tarderait pas à appeler Eric pour qu'il lui en mettre une nouvelle. S'il s'agissait de vitamines ou de substituts alimentaires pour la requinquer, elle ne voulait pas que la jeune femme en manque. Le tuyau qui la reliait à son bras serpentait le long de la tête de lit et rassurait Theo. Elle avait toujours en foi en la médecine et en Eric depuis qu'elle vivait dans ce camp.

Lorsque Lana lui demanda de lui parler d'elle, Theo haussa un sourcil, amusée. Sa vie n'avait rien de passionnant, surtout depuis l'apocalypse.

”Et bien… avant l'invasion, j'étais psychiatre. Je me suis spécialisée dans le travail avec les enfants et j'avais mon propre cabinet en ville. Jusqu'à ce que l'épidémie se propage. J'ai dû fuir le jour où la horde a débarqué à un festival auquel j'assistais avec mes frères et sœurs. Dans la panique, la foule nous a séparés et je ne les ai pas retrouvés depuis. Je les ai longtemps cherchés avant de me rendre compte que je ne survivrai pas seule dans la nature. Alors quand ce camp m'a recueillie, j'ai décidé de rester. Maintenant, je suis sentinelle. Je veille autour du camp et je reste en faction sur les toits la nuit au cas où on subirait une attaque.”

La jeune femme se sentait utile désormais. Bien sûr, elle n'avait jamais cessé de chercher sa fratrie mais son champ d'investigations s’amenuisait autour du centre commercial. Cela ne l'empêchait pas de scruter chaque mort en priant pour ne pas reconnaître les vêtements de Nell, Luke, Shirley ou même Steven. Même ce prétentieux de Steven aurait été accueilli dans les larmes et la chaleur si jamais ils venaient à se réunir.

”Et toi ? Ce serait indiscret de te demander d'où tu viens ? Je vois bien que tu as vécu des choses atroces, alors… Si tu ne veux pas en parler, je comprendrai.”

Theo remarqua alors la fatigue dans son regard. Lana avait certainement besoin de repos après tout ce qu'elle avait subi.

”Il faut te reposer, je ne devrais pas te fatiguer avec mes questions. Je vais aller chercher Eric pour qu'il change ta perfusion et ensuite on te laissera dormir.”


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Lana WintersWHATEVERLana Winters
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Lana & Theodora


« We'll be two souls in a ghosttown… »

L’ex-journaliste pouvait réellement s’estimer heureuse d’être tombée sur Theodora. Oh, bien entendu, à ce moment-là, elle ne le réalisait pas, parce qu’elle sentait la fin approcher. Mais en la voyant, là, lui souriant, poser un regard inquiet sur elle, Lana était soulagée. Elle entrevoyait de nouveau l’espoir que le monde n’était peut-être pas si horrible, après tout. Ici, on l’avait soignée, on l’accueillait et on ne lui avait pas fait un test afin de savoir si elle était compatible. Elle se doutait pourtant du fait que, si elle voulait rester, elle devrait en référer aux chefs.

Je le remercierai comme il se doit, dans ce cas… Mais tu as veillé sur moi et rien que pour ça, tu as toute mon estime.

C’était fou de penser qu’à l’article de la mort, elle avait enfin trouvé une lueur d’espoir. Fallait-il qu’elle en arrive là pour enfin continuer à vivre ? Sa vie n’était faite que d’ironie, décidément.
Cette fille aussi avait vécu des pertes… Bien sûr, sa famille était peut-être toujours en vie, mais elle n’en savait rien. Peut-être vivait-elle avec cet espoir ?

J’espère sincèrement que tu retrouveras tes frères et soeurs...

Mais d’expérience, elle savait qu’il ne fallait pas trop croire aux miracles. De son côté, Lana n’avait que Wendy, qu’elle avait sauvagement perdu. Aujourd’hui, elle était seule et ne pouvait compter que sur elle-même… Et vu l’état dans lequel elle se trouvait, ce n’était pas une franche réussite.
Elle ne pouvait s’empêcher d’admirer Theodora : elle était utile à la société, elle veillait au bien-être des membres du camp, surveillait les alentours, et pensait même, accessoirement, à sauver des inconnues dans le besoin !

Le visage de Lana s’assombrit pourtant, en entendant la question de la brune. Elle n’était pas prête. Pas maintenant… Elle avait à peine la force de parler. Il lui en faudrait bien plus pour avoir le courage de se confier. Peut-être même ne pourrait-elle jamais raconter ce qui lui était arrivé.
Néanmoins, elle lui devait bien quelques explications. Et elle pouvait toujours parler de qui elle était, avant toute cette horreur.

Avant… tout ça, j’étais journaliste pour un grand magazine. J’avais également une émission de télévision, le Lana Winters Show.

Elle sourit doucement, sa peau s’étirant sur ses os toujours saillants. Elle n’avait rien de celle qui souriait aux caméras. Elle n’avait plus rien de la femme accomplie avec un bon travail, une situation financière confortable, une femme et un projet d’enfants. Même si Theodora regardait son émission, jamais elle n’aurait pu la reconnaître. La seule chose qui n’avait pas changé était son regard. Ses yeux gardaient cette même vivacité, même s’ils étaient bien trop fatigués pour rester ouverts longtemps.

J’aimais beaucoup ce que je faisais, et j’aimais ma vie. Et puis tout a basculé quand… quand ma compagne est morte.

Sous mes yeux impuissants. Elle n’avait plus de larmes à verser. Elle avait appris à continuer. Wendy était morte. Elle était en vie. Et qu’elle pleure n’y changerait plus rien. Jamais plus la vie ne serait comme avant.

La suite… A été très difficile. Je ne… Excuse-moi Theo… Je ne peux pas.

Bien trop d’aveux pour la journée. Elle n’avait pas envie d’en ajouter davantage. Pas plus qu’elle n’avait envie de voir la brune partir. Elle était la seule personne qu’elle “connaissait” dans les environs, et cela la rassurait. Elle se redressa avant d’attraper la main de la brune, se surprenant elle-même de ce sursaut d’activité.

Non ! S’il te plaît… Ne t’en vas pas. Tu ne me fatigues pas. Je n’ai pas envie que tu partes… S’il te plaît ?

Elle avait peur. Bien plus qu’elle ne l’imaginait. Elle se demandait ce qui se passerait si elle se retrouvait de nouveau seule, sans Theo pour “veiller” sur elle. C’était égoïste de sa part car la brune était certainement un des piliers de la communauté, l’une des mieux entraînées au niveau de la sécurité mais… Elle avait besoin d’elle.
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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Attendrie, Theo sourit à l'attention de Lana. Cette jeune femme semblait sincère et pas seulement parce qu'elle venait d'être sauvée d'une mort certaine. Theo pouvait le lire dans ses yeux. C'était la première fois qu'on la traitait de cette manière, en tant que sauveuse. Cependant la surprise agrandit ses yeux et sa bouche lorsque sa nouvelle amie mentionna le Lana Winters show. Qui en Amérique n'avait pas vu ce programme télévisé ? Theo failli en tomber de sa chaise. Avec ses traits tirés et son corps amaigri par les épreuves de la vie, elle ne ressemblait plus à la journaliste connue de tous. Mais en s'attardant plus sur  son visage, il était évident qu'elle  ne mentait pas. Soudain, la brune étouffa un juron et se leva de son fauteuil, incapable de rester en place.

”Nom de Dieu, vous êtes Lana Winters ? Toutes mes excuses, je ne vous avais pas reconnue ! Je… Si j'avais su, je ne me serai pas permise de...”

Theo perdit le fil de ses pensées. A présent, elle regrettait de s'être montrée trop familière avec elle. Pas un instant elle n'avait fait le rapprochement avec la jeune femme qu'elle avait sauvée, pas même grâce à son prénom. Elle en oublia même qu'elle la tutoyait quelques secondes auparavant. Poursuivre ainsi aurait été un manque de respect aux yeux de Theo.

Lorsque la journaliste poursuivit son histoire, Theo se rendit compte qu'elle était allée beaucoup trop loin. Évoquer la disparition de sa compagne et la suite des événements semblait secouer la jolie blonde.

”Je comprends, je suis désolée. Je n'aurais pas dû poser la question. Je ne voulais pas vous causer plus de peine.”

Alors que la brune s'apprêtait à se retirer, gênée de l’avoir troublée, Lana se releva pour saisir sa main. La panique se lisait dans son regard. Elle la suppliait de rester pour veiller sur elle avec une telle détresse que le cœur de Theo se serra.

Pour la rassurer, la jeune femme s'agenouilla près de son lit et resserra sa main dans la sienne. Sa main libre se glissa dans son dos où elle pu sentir chaque vertèbre poindre à travers sa peau.

”Hey, tout va bien. C'est d'accord, je reste.”

La terreur dans le regard de Lana était flagrante. Avait-elle peur à ce point de l'espèce humaine pour remettre sa vie entre les mains d'une inconnue ? Theo caressa doucement son dos pour la tranquilliser. Elle avait la méfiance de ces gens qui ont été trahis au plus profond de leur chair.

”Je ne quitterai pas cette chambre, c'est une promesse. Il faut que vous vous recouchiez maintenant… Eric va devoir changer cette perfusion mais je ne bougerai pas d'ici, c'est juré.”

Quand le médecin du camp se montra, Theo n'avait pas lâché la main de Lana. Elle demeurait assise au pied du lit, caressant sa peau diaphane du bout du pouce pour la bercer. Eric s'approcha pour changer le matériel médical et vérifier sommairement l'état de Lana. Tout du long, Theo ne la lâcha pas des yeux. Davantage pour la rassurer que pour surveiller Eric. Elle ne doutait pas un instant de ses compétences. Cependant, lorsqu'il eut terminé, il voulut prendre la jeune femme à part. La brune accepta tout en restant sur le pas de la porte pour rester dans le champ de vision de Lana. Eric sortit côté couloir et chuchota.

”Theo, on ne va pas pouvoir la garder. On manque de place ici, tu le sais bien. Il n'y a pas de place pour une chambre supplémentaire.”

”On ne peut pas la mettre dehors. C'est hors de question.”

”Pas tout de suite. Quand elle sera remise sur pied… Je suis désolé, on a pas d’autre solution. D'autant plus qu'on ne la connaît pas.”

”Je n'ai pas envie de me disputer avec toi, Eric… Mais fais-moi confiance. Je lui donnerai ma chambre. Entre les patrouilles et mes insomnies, je ne l'occupe pas beaucoup. Je me porte garante d'elle, s’il te plaît. Je ne veux pas l'abandonner.”

Mal à l'aise, Eric finit par acquiescer en soupirant devant la détermination de la jeune femme. Theo n'avait pas voulu mentionner la célébrité de leur invitée pour l'épargner, mais elle ne comptait pas l'abandonner. Qui sait ce qui pouvait lui arriver sans la défense d'un camp ? Elle remercia le médecin d'une accolade et referma la porte derrière lui pour se retrouver seule avec Lana.

Elle lui adressa un sourire las lorsqu'elle revint s'asseoir près de la journaliste. Soulagée de pouvoir la garder saine et sauve dans leur camp le temps nécessaire à la jolie blonde.

”Ca vous dirait de rester chez nous ? J'en serai honorée...”
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Lana WintersWHATEVERLana Winters
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Si elle avait imaginé un seul instant la réaction de la brune, jamais Lana n’aurait abordé son ancienne vie. Elle se sentait étrangement blessée par cette distance soudaine. Ca n’avait aucun sens…

Quoi ? Mais… Non !

Lana était abasourdie. Elle n’avait rien de spécial. Elle avait perdu l’habitude de ce genre de réaction à son égard. Cela faisait bien trop longtemps qu’elle n’avait pas eu l’impression d’être “une star”, si l’on pouvait dire. Pourtant, elle n’aimait pas cette sensation. Elle n’était que Lana. Juste… Lana. Pas Lana Winters, celle qui interviewait diverses célébrités et qui posait les questions nécessaires à la mise en valeur de leur film, leur livre, leur dernier album… Une personne qui ne faisait que son travail, avec passion certes, mais uniquement un travail.
Là, allongée dans ce lit, elle n’était que Lana et elle avait besoin de Theodora. Pas comme d’une groupie, mais comme d’une amie.

Merci… De rester...

Ce vouvoiement soudain devenait vraiment dérangeant mais lorsqu’elle allait lui en parler, elle fut happée par la douceur de ces gestes. Ses mains sur son corps l’apaisait. Cette sensation oubliée était rassurante, lui prouvant qu’elle avait toujours le droit d’exister en tant que personne… En tant que femme. Et plus que ses gestes, se furent ses mots qui mirent fin à ses inquiétudes. Elle resterait là et elle ne s’en irait pas. Oui… Tu es définitivement bien trop égoïste Lana…

Et puis le médecin arriva. Il changea sa perfusion à la perfection, avec délicatesse. Elle n’avait rien senti et le remercia chaleureusement avant qu’il ne s’en aille, prenant la brune à part. Lana n’était pas idiote… Elle se doutait bien du fait qu’ils devaient parler d’elle. Elle savait qu’elle était un poids dans cette communauté, qu’elle prenait la place des résidents fixes… Elle prenait leur ration, prenait leur chaleur… et accaparait leur sentinelle.

Quand la brune revint, avec un léger sourire. Lana comprit. Elle devait partit. Elle s’en doutait… Et finalement, la surprise.

Pardon ? Mais je… Quoi ? Rester ? Bon, tout d’abord… Reviens au tutoiement. Je ne suis QUE Lana. Tu vois dans quel état je suis ? Tu...

Elle prit sa main et la posa sur sa poitrine, à hauteur de son coeur.

Ce coeur qui bat. Qui bat lentement. C’est un simple coeur… C’est juste moi… Alors s’il te plaît, sois normale. Sois normale...

Elle serra doucement sa main en la regardant droit dans les yeux. Pourquoi était-ce si compliqué ? Elles étaient toutes les deux dans un nouveau monde. Un monde qui ne laissait pas la place à la perte de temps en mondanités.

Quant au fait de rester… Je ne suis pas idiote, et ton sourire me le prouve… Il ne voulait pas, n’est-ce pas ?

L’ex-journaliste soupira. Elle n’était pas dupe. Elle avait bien conscience de gêner. Mais elle ne voulait pas que quelqu’un la prenne en pitié.

Je sais que je ne peux pas me permettre de refuser ton offre… Mais… Quand j’irai mieux, je te promets de m’en aller. Et tu pourras le lui confirmer. Je ne prendrai la place de personne et je ferai en sorte de me rendre utile en attendant.

Se rendre utile… Ce n’était pas pour tout de suite. Mais c’était une promesse. Et elle comptait bien la tenir. Pour autant, elle n’avait toujours pas lâché la main de la brune. Elle se rassurait comme elle le pouvait.
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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Comme une gosse surprise en pleine bêtise, Theo baissa les yeux devant la journaliste. S'il n'avait pas été question d'apocalypse, la situation aurait été tellement différente. Leurs regards n'auraient jamais pu se croiser, ni même leur amitié exister. Lana Winters n'aurait jamais posé les yeux sur elle.

Theo avait perdu son sang-froid en réalisant à quel point elle avait pris des libertés avec elle. Mais cela semblait contrarier la journaliste. L'invasion avait remis tous les compteurs à zéro et Lana Winters souhaitait qu'on l'oublie. Lorsqu'elle saisit la main de la brune pour la poser sur son cœur, les pensées de Theo se figèrent pour la ramener à la raison. Le monde d'avant avait complètement disparu et ses codes avec lui.

”Excuse-moi, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.”

Sous ses doigts, l'ancienne psychiatre sentait les côtes de la jeune femme lui barrer le passage jusqu'à son cœur. Et pourtant, il battait pour maintenir un semblant d'espoir. La main libre de Theo caressa la chevelure de Lana.

”D’ici quelques jours, tu iras mieux. Tout rentrera dans l'ordre, je te le promets. Et si tu le souhaites, on sera ton clan.”

L'échange avec Eric n'avait pas échappé à Lana. Bien sûr, elle avait deviné la nature de leur discorde. Theo ne comptait pas le lui cacher. Alors elle sourit à nouveau.

”Non, il ne voulait pas. Nous manquons de place et de couchages en ce moment mais j'ai réussi à le convaincre. Je ne voulais pas que tu sois chassée du camp et à nouveau livrée à toi-même, au horreurs de ce nouveau monde. Alors je lui ai demandé de te laisser ma chambre.”

Se rendant compte à quel point cela pouvait être mal interprété, Theo resserra sa main sur celle de Lana et s'empressa d'ajouter :

”Avant que tu ne refuses, laisse-moi t'expliquer. Je ne l'occupe pas vraiment. Je déteste me sentir enfermée, je passe plus de temps sur les toits que dans mes quartiers, alors… Ils sont à toi. Reste, je t'en prie. J'aimerais tant que tu restes.”

Ses doigts s'entremêlèrent à ceux de la journaliste. Pour la première fois, elle s'attachait à quelqu'un sur ce camp. Pour la première fois, elle se sentait à sa place.

”On a des douches et des vêtements à te fournir. Je te conduirai dès que tu te sentiras prête à marcher. Et un jour… je t'emmènerai peut-être sur les toits.”

Le cœur de Theo appartenait aux hauteurs. C'est là qu'elle se sentait vraiment libre. Et c'était ce qu'elle souhaitait partager avec Lana.


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Lana WintersWHATEVERLana Winters
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Lana & Theodora


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Elle lui proposait sa propre chambre ? Vraiment ? Qui, dans ce monde aussi impitoyable, pouvait être aussi gentil ? Cette femme était l’incarnation de la bonté et de la douceur et l’espace d’un instant, Lana voulu la couper mais elle n’en eut pas l’occasion.

Un sourire s’afficha sur son visage tandis qu’elle lui expliquait à quel point elle aimait se sentir libre. C’était quelque chose que Lana appréciait aussi, quand elle en avait eu le temps. Elle aimait tellement ces moments où elle s’éloignait des projecteurs, et qu’elle passait du temps seule, à réfléchir, à se demander ce qu’elle voulait faire de sa vie. C’était dans des moments comme celui-ci qu’elle avait décidé de devenir journaliste.

Finalement, elle sentit la douceur des mains de la brune. Ses doigts entrelacés dans les siens la rassuraient. Elle se sentait appréciée… Elle se sentait… Femme. Encore. Elle commençait réellement à penser qu’elle avait beaucoup de chance. Elle pensait pourtant qu’elle était devenue forte, plus dure… La vérité était toute autre : elle avait toujours de l’espoir. Beaucoup d’espoir.

Tu es certaine de pouvoir lui faire confiance ? Soyons honnêtes : elle a l’air adorable, fantastique, et vraiment délicate… Mais qu’en sera-t-il des autres ? T’acceptera-t-on ici ? N’y a-t-il pas un autre Oliver dans le coin ? Tu n’en sais absolument rien. Non, Lana n’en savait rien mais elle espérait encore et toujours. Elle voulait y croire...

Theo… Tu es vraiment une personne formidable. Et je serais plus qu’honorée de rester mais à une seule condition...

Elle se redressa doucement. Cherchant les yeux de la charmante brune. Ceux de Lana brillaient. Ils brillaient de la petite étincelle nouvelle qui venait de réapparaître en son sein.

Je veux que tu m’y emmènes… Sur les toits. Je ne veux pas de “peut-être”. Avant que je ne reparte, parce que, quand j’irai mieux, je repartirai, cela va de soi, je veux… partager ça, avec toi.

Elle lui sourit avec douceur. Lana Winters venait de réapparaître enfin. Malgré son physique famélique, elle avait de nouveau cette envie de vivre, et d’avancer. Elle avait envie d’exister et de se remettre sur pieds, pour continuer son chemin. Et tout cela, c’était grâce à Theodora.

***

Les jours étaient passés à une vitesse vertigineuse et Lana avait fait de son mieux pour recouvrer la santé. Elle avait suivi les prescriptions du médecin à la lettre, et écoutait tous les jours Theodora lui raconter ce qu’elle avait la journée. La brune était impressionnante, bien que modeste.

Seulement, pour une raison obscure, leurs retrouvailles s’espacèrent quand la blonde fut sortie de son lit de malade. Et plus la forme de Lana revenait moins les visites de Theo se faisait fréquente. Bien entendu, l’ex-journaliste avait bien compris qu’elle aimait son espace vital, qu’elle était peu souvent dans sa chambre… Mais à ce point, jamais elle n’aurait imaginé qu’elle puisse devenir un simple coup de vent.

Ce jour-là, Lana était en train d’aider en cuisine, ses cheveux étaient éclatants, sa mine radieuse. Elle souriait à nouveau et cela lui faisait beaucoup de bien. Alors qu’elle riait avec une de ses collègues, elle leva la tête et aperçut sa sauveuse. Elle s’excusa auprès du service mais il fallait qu’elle lui parle.

Theo ? Theo !” l’interpella-t-elle.

Elle rattrapa la brune assez rapidement. Un peu essoufflée, elle la fit se retourner pour lui faire face.

Je… Excuse-moi, je reprends mon souffle. Donc, oui, je voulais te demander… Est-ce que tu m’évites ?
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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Repartir. Lana comptait repartir. Alors même que Theo commençait à s’attacher à elle. La brune savait qu’elle ne pouvait pas l’enchaîner à ce lit, mais elle aurait préféré que la journaliste reste. Ne serait-ce que par… Reconnaissance ? Le mot était peut-être un peu trop fort, mais Theo avait risqué sa vie dans ce champ pour la sauver, elle avait négocié avec son propre clan pour qu’ils l’acceptent, lui avait donné sa chambre… La brune osait espérer que cela signifierait quelque chose pour Lana. Visiblement pas.

Plus que quiconque, Theo comprenait le désir d’indépendance et de liberté, mais elle l’avait tout de même trouvé au sein de ce camp. Certes, il fallait se plier aux règles et adopter des comportements rigoureux pour assurer la sécurité de tous, mais c’était acceptable. Elle était prête à offrir son toit à la jolie blonde et tout ce qu’elle possédait. Elle avait remis en question l’autorité d’Eric en imposant sa présence et pourtant Lana voulait sa liberté.

Il était difficile de se l’avouer, mais les jours passant, Theo éprouvait de plus en plus d’attachement pour elle. L’ancienne psychiatre s’en voulait de se laisser ainsi avoir par un si beau visage. Elle n’avait plus l’âge de se comporter comme une adolescente face à ses premiers émois, l’apocalypse aurait dû l’endurcir.

T’es en train de perdre la face, Theo. Eloigne-toi avant qu’elle ne dévaste ton coeur et qu’elle s’en aille sans même t’accorder un regard. Elle t’apprécie parce que tu lui as sauvé la vie. Il n’y a rien de plus, tu t’es encore monté la tête pour rien.

Ainsi, la jeune femme avait pris ses distances. Si la journaliste souhaitait partir, il valait mieux qu’elle le fasse le plus tôt possible. Il était insupportable pour Theo d’éviter tout contact avec elle. Plus que tout, elle souhaitait passer du temps avec Lana, mais depuis qu’elle avait exprimé son souhait de quitter le camp, la rancune avait pris place dans son coeur. Tout ça pour quoi ? Des sentiments qui n’étaient pas réciproques ? La brune se maudissait d’y avoir cru. Aussi, elle consacra bien plus de temps aux patrouilles pour se vider l’esprit. Rester là-haut, statique dans ses miradors était mauvais pour elle. Elle avait besoin de faire des rondes autour du camps, de traquer les morts qui rôdaient près du centre commercial. Là, plus le temps de penser à la belle journaliste, il fallait rester attentive au moindre bruit, au moindre mouvement.

Lorsque la journée s’achevait, Theo était bien obligée de rentrer au campement pour se reposer. Insomniaque, il ne lui fallait que quelques heures pour récupérer. Et pour ce faire, elle se réfugiait dans un mirador, enveloppée dans une couverture, son fusil en travers de ses genoux. Prête à réagir au moindre bruit suspect. Il était hors de question pour elle de revenir dans sa chambre. Qu’aurait-elle fait, d’ailleurs ? Partager son lit avec Lana ? Hors de question. Sa fierté et son ressentiment jouaient contre elle. D’ailleurs, la brune pensait la récupérer sitôt leur invitée repartie.

Ta fierté t’étouffera, Crain.

Et pourtant, il fallut que leurs chemins se croisent à nouveau. Theo savait que Lana prêtait main forte aux survivants en cuisine. Aussi, la sentinelle s’appliquait à éviter cette zone et prenait ses repas à des heures tardives pour être sûre de ne pas la croiser. Ce jour-là, Theo s’était rendue à l’infirmerie pour soigner une éraflure. En enjambant une barrière, du barbelé avait entaillé sa cuisse. La fatigue et sa mauvaise humeur avaient réduit sa vigileance. Sa blessure n’était pas profonde, mais Theo craignait par-dessus tout une infection si elle ne la traitait pas immédiatement. Elle se força donc à rentrer de patrouille beaucoup plus tôt que prévu pour se soigner. Habituée, elle se servit dans les réserves médicales et trouva de quoi désinfecter et panser sa blessure. Son jean, en revanche, était bon pour un raccommodage. Une fois rhabillée, le tissu déchiré et taché laissait apparaître les bandages qui recouvraient sa peau.

Et c’est en quittant l’infirmerie que Theo passa devant les cuisines. Malgré elle, la brune jeta un regard à l’intérieur et aperçu la journaliste. Radieuse et bien plus énergique que les premiers jours, elle riait et s’affairait parmi leurs compagnons d’infortune. Prise au piège de ses sentiments, la jeune femme s’empressa de s’éloigner mais très vite, la voix de Lana résonna derrière elle. D’abord, elle feignit de ne pas l’avoir entendue. Mais bientôt, il ne fut plus possible de l’ignorer. A regrets, Theo se retourna. Elle ne se sentait absolument pas prête à l’affronter.

”Non je ne t’évite pas. J’ai… J’ai beaucoup de travail en ce moment, ça rôde beaucoup trop autour du camp.”

Et tu penses qu’elle va avaler ça ? Tu ne sais pas mentir, Theo...

”Je croyais que tu devais partir après ton rétablissement, tu as changé d’avis ?”

Amère. Trop amère. Sans le vouloir, Theo se montrait dure, incapable de masquer sa rancoeur. Son ton était plein de reproches et de douleur. Elle l’avait vue rire avec les autres, se rapprocher d’autres survivants. Etait-ce là l’attitude de quelqu’un qui comptait quitter les lieux ? Ca la bouffait. Égoïstement, elle aurait préféré la garder pour elle. Couler des jours heureux dans ce camp à ses côtés. Et pourtant Lana avait affiché la couleur. Elle se voulait éphémère auprès d’eux et Theo en souffrait. Elle s’était laissée prendre à la tendresse de ses yeux et ça la tuait.


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Lana WintersWHATEVERLana Winters
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Lana & Theodora


« We'll be two souls in a ghosttown… »

Elle ne l’évitait pas ? Vraiment ? A d’autres. Tu mens comme un arracheur de dents. Qui pourrait te croire ? J’ai beau être naïve, j’ai beau m’être fait avoir de nombreuses fois, je ne suis pas dupe. La blonde arqua un sourcil, consciente de la réalité : oui, elle l’évitait. Mais pour quelle raison au juste ? Qu’avait-elle pu faire pour ça ?

Et d’un seul coup, la réalité la percuta. Une chape de plomb glissa jusqu’à son estomac, anéantissant la joie qu’elle avait pu éprouver en ce début de journée en compagnie de personnes agréables. C’était donc ça ? Elle lui en voulait parce qu’elle ne voulait pas s’imposer ?

Oh… J’aurais dû m’en douter...

Calme-toi immédiatement Lana. Tu ne vas pas lui montrer ta faiblesse. Elle tape peut-être juste mais elle ne gagnera pas. Pourtant, le ton acerbe de la brune lacérait chaque parcelle du corps de l’ex-animatrice. Comment pouvait-elle sembler lui en vouloir alors qu’elle l’avait sauvée ? Elle avait pourtant tenté de nombreuses fois de passer du temps avec elle, après être sortie de son lit médical… Mais rien. Elle la fuyait, sans s’expliquer. Et là encore, elle lui mentait ouvertement.

Pire encore, elle la poussait pratiquement dehors. Le regard de Lana changea. Elle fronça les sourcils, passablement agacée mais ses yeux trahissaient sa blessure profonde. Sa voix tremblait incontrôlablement.

Non. Je n’ai pas changé d’avis… J’attendais d’être véritablement remise… Et j’espérais pouvoir passer du temps à en apprendre plus de ma sauveuse, vois-tu. Trouver un moyen de la remercier comme elle le méritait. Parce qu’elle le méritait et le mérite toujours à mon sens. Elle m’a sauvé la vie. Je lui dois la vie et j’imaginais donc pouvoir en partager une partie avec elle. Et aller sur le toit, comme elle me l’avait promis en me demandant de rester… Comment déjà ?

Elle fit mine de réfléchir, la main sous le menton. Elle feignit ensuite l’éclair de génie.

Ah oui, à l’époque où elle semblait avoir un peu d’intérêt pour moi… Quand j’étais sur mon lit médical...

Ses dents se serrèrent violemment. Elle n’arrivait pas à comprendre le comportement de la brune. Pourquoi lui offrir son amitié, sa douceur, pour la lui retirer aussi vite ?

Mais si ma présence te gêne tant que ça, au point que tu te sentes obligée d’aller te soigner seule à l’infirmerie plutôt que de demander de l’aide… Aide que tu aurais mieux fait de demander vu l’état de ce pansement… Alors je ferais mieux d’aller dire adieu aux membres du camp, et repartir. Je préfère encore mourir dehors plutôt que de continuer à attendre vainement que tu daignes m’adresser la parole à nouveau.

Elle refusait l’idée d’être un poids, gênant Theodora. Finalement, elle s’était peut-être trompée sur son compte. Elle avait cru, l’espace d’un instant, qu’elle pourrait avoir une place dans sa vie, dans ce camp… Elle avait espéré qu’on puisse la faire changer d’avis, l’inviter à réellement rester parce qu’elle était acceptée, désirée. Et ça aurait pu être le cas car même le médecin, Eric, était ravi. De nombreux membres du camps, quand elle avait récupéré des couleurs, l’avaient reconnue, admirant son ancien travail, discutant d’anciennes émissions. Mais ils avaient tous compris qu’elle était l’une des leurs désormais. Ni plus, ni moins. Seulement… une personne semblait regretter sa présence. Et l’ex-journaliste était en train de la regarder à cet instant précis.

Je pensais que nous étions… liées, d’une certaine façon. J’ai dû me tromper...” soupira-t-elle finalement avec tristesse.
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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Chaque parole était un coup de poignard dans le coeur de Theodora. Un peu d’intérêt pour elle… Si seulement la journaliste savait à quel point sa promesse de départ heurtait la jeune femme. Ses poings se serrèrent pour contrôler tristesse et colère. Elle avait envie de balancer un coup contre un mur pour ressentir autre chose que cette amertume. Même la douleur lancinante de sa cuisse ne suffisait pas.

”Me remercier ? Si tu voulais vraiment me remercier, tu n’envisagerais pas de t’enfuir dès que l’occasion se présentera.”

La voix de Lana tremblait. Toutes deux étaient exactement dans le même état, rongées par la déception et un brin de rage. Il était difficile pour Theo de la regarder dans les yeux. Tant de fois, elle l’avait maudite dans ses pensées mais à présent la journaliste était face à elle. Soutenir ce si beau regard était un enfer quand ses ressentiments venaient de faire surface. D’ordinaire, Theo était une femme forte, peu impressionnable, à peine sensible. L’invasion l’avait presque anesthésiée sur les rapports humains. Presque… Et voilà qu’emportée dans sa colère, Lana lui faisait du mal à son tour. Mourir plutôt que d’attendre un signe d’elle, c’était trop. Les yeux de Theo se voilèrent de larmes.

”Dehors ?! Mais qu’est-ce qu’il te faut ? J’ai risqué ma vie pour toi, je t’ai donné mes quartiers pour que tu restes, et toi tu n’attends qu’une chose : repartir ! Qu’est-ce que tu cherches qu’on ne pourrait t’offrir ? Oui je t’évite ! Parce que ça me crève le coeur de savoir que j’ai été assez stupide pour m’attacher à toi alors que d’un jour à l’autre tu pourrais t’en aller.”

D’un geste rageur, Theo écarta les larmes qui coulaient sur ses joues. Ca la rendait folle, cette overdose de sentiments alors qu’elle aurait pu passer outre. L’arrivée de Lana avait tout changé. Elle avait bouleversé ses habitudes et occupé ses pensées. L’ancienne psychiatre n’aurait jamais imaginé pouvoir ressentir ce genre de choses en pleine apocalypse. La gorge serrée par le chagrin, sa voix s'érailla soudain.

”Moi aussi, je pensais qu’il y avait un lien qui naissait entre nous. Mais est-ce que ça a le moindre sens pour toi alors que tu souhaites partir ?”

La jeune femme inspira profondément pour se calmer. L’idée que Lana puisse vraiment quitter le camp chavirait son âme et la meurtrissait au plus profond de sa chair. Depuis quand éprouvait-elle des sentiments aussi forts pour une inconnue. Une inconnue qu’elle s’acharnait à éviter, de surcroît.

Soudain, elle baissa les yeux sur sa jambe. Voilà que Lana s’en prenait à son entêtement. Et elle avait raison… Theo détestait demander de l’aide. Cela lui donnait l’impression d’être vulnérable. Le sang avait tâché les bandages qui protégeaient sa blessure, elle avait dû ouvrir davantage sa plaie en s’empressant de fuir la journaliste. Et pourtant, elle bougonna en haussant les épaules.

”Quoi ? Il est très bien, ce pansement.”

Il était vrai qu’elle s’était soignée à la va-vite, mais c’était le cadet de ses soucis désormais. Faire face à la jolie blonde était bien plus difficile que de franchir tous ces barbelés.


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Je SAIS que tu as risqué ta vie pour moi. Et je ne t’en remercierai jamais. Mais qu’importe… Quoique je dise, tu l'interprèteras à ta façon. Alors quoi ?! Tu m’aurais trouvée bien plus admirable et agréable si j’avais accepté de prendre TA place, TA chambre, sans rechigner ?! Je n’ai pas dit que je cherchais quelque chose dehors, j’ai juste insisté de nombreuses fois pour te dire que je ne souhaitais pas déranger. Vous n’aviez pas la place et tu le sais parfaitement ! Depuis que je peux marcher à nouveau, j’aide dans le camp. Et plus mes forces reviennent, plus je me donne ici.

Les nerfs de Lana étaient sur le point de lâcher. Elle n’arrivait pas à comprendre la réaction de Theodora. Oui, elle lui avait dit qu’elle s’était attachée mais ça n’avait aucun sens ! Comment pouvait-elle s’attacher sans la connaître ?! Pourtant, au fond d’elle, l’ex-journaliste savait bien que c’était réciproque. Elle ne se serait jamais mise dans cet état si ça n’avait pas été le cas.

Tu n’as aucune idée de ce que j’ai vécu. Aucune idée de la raison pour laquelle je ne me voyais pas rester sur le camp ! Et tu sais pourquoi tu n’en sais rien ? Parce que nous n’en avons jamais reparlé. Parce que, quand j’étais à l’agonie, tu semblais bien plus encline à en apprendre sur moi. Seulement, dans cet état de fragilité, je n’avais pas vraiment l’envie de parler. J’avais peur Theodora ! Tu peux comprendre ça ?

Elle ne retenait pas ses larmes, elle n’en avait pas la force. Avoir couru pour la rattraper l’avait déjà épuisée, elle ne pouvait pas être sur tous les fronts.

Quand je me suis retrouvée dans ta chambre, seule, pas une seule fois je n’ai passé une bonne nuit. C’est la peur qui m’a tenue compagnie. Et toi, que faisais-tu pendant ce temps ? Tu ruminais quelque chose que j’ai dit alors que je venais de sortir d’un évanouissement de plus de 24h ? Quelque chose que j’ai dit alors que je vivais dehors, seule, marchant sans relâche pour ne pas mourir ?!

Elle marqua un temps de pause, espérant que la brune comprendrait. Elle inspira profondément, puis expira de la même manière, ravalant ses larmes pour relever le regard vers elle, la voix plus douce.

Tu as nourri ce ressentiment... Seule. Et moi, j’ai perdu la seule personne qui me redonnait l’envie de vivre. Alors explique-moi, à l’inverse, pourquoi je ne partirais pas ? En arrivant, je ne cherchais rien, et pourtant j’ai trouvé. Jusqu’à ce que cela disparaisse.

Elle passa une main dans ses cheveux en soupirant. Elle n’arrivait pas à comprendre comment une telle situation avait pu arriver, surtout en ces temps troublés. Elle ne comprenait pas, tout simplement. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle avait cru trouver en Theo une amie, une personne qui saurait la comprendre, et avec qui elle aurait tout simplement eu envie de rire, de sourire… De vivre. Mais la chance n’était pas de son côté, malheureusement. Et à nouveau, elle perdait cette étincelle.

Seulement l’ex-animatrice télé s’était faite à cette idée. Depuis le temps, elle ne cherchait plus rien. Mais dire qu’elle n’espérait plus était faux… Elle venait de le réaliser, à l’instant. Elle baissa à nouveau les yeux vers le bandage de Theo et la prit par la main, sans lui demander son avis.

Je vais me rendre utile au moins une dernière fois. On va à l’infirmerie.

Son ton était ferme, ne nécessitant aucune protestation de la part de sa sauveuse. Elle était bornée mais certainement moins que Lana. Comment aurait-elle pu décrocher d’aussi belles interviews et réalisé des reportages aussi poignants si elle était le genre de femme à se laisser abattre à la première difficulté ?!

Quand les deux femmes se retrouvèrent à l’infirmerie, Lana ferma la porte et assit la brune sur le fauteuil. Elle remonta le pantalon qu’elle portait jusqu’à dévoiler le bandage. Elle dû se retenir de lever les yeux au ciel en voyant à quel point elle avait été négligente, puis lui enleva et entreprit de désinfecter la plaie. D'après son état, elle avait dû s’accrocher quelque part, sans doute après des barbelés.

Ecoute, ça ne sert à rien de nous battre… Je ne vais pas m’imposer ici plus longtemps. Néanmoins...

Elle s’approcha un peu plus d’elle, les yeux toujours brillants.

Je veux que tu saches que si, ce lien naissant avait beaucoup d’importance pour moi. Il était même… décisif.

Après un sourire lasse, elle retourna à son bandage. Il était fin, discret, tenant fermement sans pour autant la comprimer. Presque parfait. Elle se retourna ensuite pour aller laver ses mains, réalisant qu’elle n’aurait peut-être plus jamais l’occasion d’agir ainsi. Pourquoi la vie est-elle si compliquée, même maintenant ? Non Lana. Ce n’est pas la vie...
D’un geste de la main, elle effaça les quelques larmes qui glissaient sur ses joues, et tourna légèrement la tête vers la brune.

Avec ça, ça devrait aller. La plaie n’est pas moche mais il faudra penser à bien la désinfecter tous les jours, pendant 4 jours. Ensuite, tu devras la laisser à l’air libre pour que cela cicatrise. Voilà… Tu peux retourner à tes occupations...
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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Voir Lana craquer devant elle brisa le coeur de Theo. Il était insoutenable pour elle de se savoir la cause d’une telle souffrance. Comme une bombe à retardement, la brune détruisait tout sur son passage. La brûlure de la culpabilité l’envahit.

Espèce de monstre, regarde ce que tu as fait.

Des jours durant, elle l’avait veillée et rassurée. Elle avait pris soin d’elle et s’était inquiétée pour sa santé jusqu’aux premiers signes de rétablissement. Mais Theo s’était refermée devant l’insistance de Lana sans comprendre qu’elle n’était pas la seule à souffrir. Se murer dans son silence avait déformé sa réalité. Et l'atmosphère qui régnait dans ce pays ne l’avait guère idée.

”Tous ceux à qui je tenais ont disparu. Je n’avais plus personne dans ce monde jusqu’à ce que tu arrives. Pour la première fois je me sentais utile à quelqu’un. Jusqu’à ce que tu décides de partir. Ca faisait si mal de savoir qu’on allait encore m’abandonner. J’ai cru que m’éloigner m’empêcherait de...”

Les mots restèrent coincés dans sa gorge. A trop vouloir se forger une armure, Theo faisait du mal à ceux qu’elle aimait. Tout cela pour éviter de souffrir. Mais parvenait-elle vraiment à passer au-delà de cette souffrance ? Quand elle voyait Lana fondre en larmes, rien n’était moins sûr. Elle avait anéanti tout contact et l’espoir de retrouver goût à la vie pour la journaliste. Elle avait tout gâché, à commencer par ses nuits. Pourtant l’envie la tiraillait de la prendre dans ses bras, effacer ses larmes et faire en sorte qu’elle sourie à nouveau. Theo voulait la protéger pour que des abrutis comme elle ne lui fassent plus jamais de mal.

Cette fois, c’était au tour de Lana de s’inquiéter pour elle. La blessure de Theo la préoccupait. Un bandage mal fait, un saignement apparent et une tête de mule en guise de patiente. Lorsqu’elle la prit par la main pour la mener à l’infirmerie, la sentinelle n’opposa pas de résistance. Elle savait que la journaliste avait raison et la sensation douceur qui lui procurait sa main dans la sienne apaisa ses tracas. Malgré leurs différends, Lana trouvait un peu de bonté dans son coeur pour s’occuper d’elle.

De mauvaise grâce, Theo pris place sur un fauteuil et laissa son amie défaire le bandage qu’elle s’était fait précédemment. La balafre était noyée dans le sang et légèrement douloureuse. C’était la première fois que Theo faisait preuve d’imprudence en patrouille, aussi se sentit-elle honteuse de cette situation. D’autant plus que Lana la soignait comme un gosse qui serait tombé en faisant du vélo. Alors qu’elle s’affairait sur sa blessure, la jeune femme s’interrompit. “Je veux que tu saches que si, ce lien naissant avait beaucoup d’importance pour moi. Il était même… décisif.”

Décisif. Ce mot ricocha sur le coeur de Theo et acheva de l’ébranler. Elle réalisa soudain que les sentiments qu’elle éprouvait pour la journaliste étaient réciproques. Son regard la transperça de part en part pour sonder le fond de son âme et y recueillir d’infimes morceaux d’espoir. Les derniers en ce monde, certainement.

Fantastique, Theo. T’as tout foutu en l’air.

Avant que la jeune femme ne puisse trouver les mots, Lana retourna à son ouvrage et acheva de panser sa blessure avec douceur. Ce bandage était bien plus fiable que le précédent.

”Merci Lana...”

Dans un murmure à peine audible, Theo exprima sa gratitude. Elle avait envie de caresser la main qui venait de la soigner, mais déjà, la journaliste s’échappait. La déception gagna le coeur de la brune. Il fallait à tout prix réparer les dégâts car elle risquait vraiment de quitter sa vie à présent. Theo n’imaginait pas à quelle souffrance elle serait vouée si cela se produisait. Elle connaîtrait à nouveau cet affreux sentiment de solitude, d’errance infinie dans ce monde à moitié pourri. Et Lana… Dans quelles conditions survivrait-elle sans eau, sans nourriture, sans abri… Sans elle ? Elle deviendrait la proie des pires espèces qui régnaient désormais sur terre et cette pensée demeurait insupportable pour Theo. Elle ne le permettrait pas. Il était temps de déposer les armes.

Lana lui tournait le dos, occupée à se laver les mains, mais surtout cacher ses larmes. Cela n’avait pas échappé à Theo. La sentinelle se releva et boitilla jusqu’à l’évier où s’affairait son amie. Avec toute la douceur dont elle était capable elle enroula son bras autour de sa taille tandis que son autre main se glissa dans ses cheveux. Elle déposa alors un baiser sur sa tempe. Doux et chargé de sincérité. Un de ceux qu’elle n’avait pas donnés depuis bien longtemps.

”Ne pars pas, je t’en supplie. Reste… avec moi.”

A quoi ressemblerait son univers sans elle ? A quoi lui servirait-il de se battre encore ? Son avenir demeurait si flou tout à coup.

”Pardonne-moi, je ne voulais pas… Je me suis conduite comme imbécile. Depuis le début, je ne veux pas te voir partir. Ca me déchirerait le coeur.”


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L’abandonner ? Ca n’avait jamais été l’intention de Lana. Si elle ne souhaitait pas rester dans ce campement, ce n’était certainement pas pour éviter la brune… Mais pour ne pas risquer ce qu’elle avait déjà subi auparavant. Cela dit, les mots de Theodora l’avaient touchée bien plus qu’elle ne le pensait. Tenait-elle vraiment à elle ? N’était-ce pas un mirage comme elle en avait l’habitude ?
Ces mots tournaient en boucle dans sa tête tandis qu’elle nettoyait ses mains bien plus longtemps que prévu. Et finalement, elle sentit le bras de la brune autour de sa taille, l’enveloppant d’une douce chaleur réconfortante. Puis ce baiser sur sa tempe eut raison de sa concentration. Elle fit tomber le savon dans le lavabo avant de couper l’eau et sécher ses mains.

Toujours aussi délicatement, elle se retourna, le coeur battant. Ses yeux, toujours humides, se plongèrent dans ceux de la jolie brune.

Tu es sincère ? Je veux dire… Tu veux vraiment que je reste ici ? Pas pour trouver un camp mais… pour… toi ?

Son esprit était confus, elle en avait parfaitement conscience. Néanmoins, la question restait pertinente. Elle ne comprenait pas pour quelle raison Theodora était si gentille avec elle. Elle n’avait rien fait pour mériter pareille attention. Elle n’avait rien fait tout court, à part être en danger.

Elle passa une main sur la joue de la sentinelle en souriant doucement.

J’accepte… Mais je maintiens ma condition : je veux que tu m’emmènes un jour avec toi sur les toits. Et j’en ajoute une autre : tu dois dormir… J’imagine qu’il peut être possible d’ajouter un nouveau matelas dans ta chambre ?

L’idée d’avoir une amie, une colocataire, enchantait particulièrement l’ex-journaliste. Elle sentait que cette fois-ci, elle avait peut-être trouvé sa place.
Un coup d’oeil à la pendule accrochée dans la pièce la ramena à la réalité. Et son doux sourire s’effaça, remplacé par une expression empreinte de gêne.

Je… Je suis désolée. J’ai rendez-vous avec… Hum… Mary. Elle m’a proposé de me faire découvrir les alentours du camp ainsi qu’un pique-nique. Je dois t’avouer que sa demande m’a surprise mais elle semblait vouloir en savoir plus sur mon travail… Enfin, avant. Et comme… Enfin… Je me sentais seule...

L’ex-animatrice télé se sentait particulièrement gênée par la situation, sans réellement savoir pourquoi. Après tout, il était normal qu’elle se fasse des amis par ici. Et c’était la première fois que quelqu’un lui proposait quoi que ce soit. Pourtant, après les mots de Theodora, les choses venaient de changer. Elle n’arrivait pas à poser de mots sur la situation… Aussi, tenta-t-elle d’atténuer les choses.

Mais peut-être… Enfin si tu en as envie et si tu n’es pas trop occupée sur le camp… peut-être que nous pourrions nous retrouver un peu plus tard ? Pour discuter de tout et de rien ?

Elle voulait apprendre à connaître celle qui lui avait sauvé la vie. Elle savait déjà qu’elle avait des frères et soeurs mais elle aurait aimé savoir d’autres choses… Ne serait-ce que ses goûts, ce qu’elle aimait faire dans la vie. Tout, en somme.

Elle s’éloigna de la brune, à contre-coeur, voulant rejoindre Mary : elle était déjà en retard. Seulement, elle se ravisa au dernier moment, fondant dans les bras de Theodora. Elle ressentait le besoin d’enrouler ses bras autour de sa taille et plonger sa tête dans son cou. Cela rendait les choses plus réelles et scellait leur amitié. Votre amitié ? Hum… Lana…

Elle ne s’attarda pas néanmoins. Mary l’attendait… et à en juger par sa façon de l’inviter, elle avait réellement envie de passer du temps avec elle.
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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Le parfum de sa chevelure enveloppait Theo dans une douceur qui jurait avec l’abomination de l’apocalypse. Une parenthèse dans ce monde de violence où seule la survie comptait. On en oubliait les rapports humains, les réflexes insouciants de rire ou de rêver d’un futur à deux. Dorénavant, on vivait au jour le jour, piétinant tous les espoirs d’un monde sain. Mais en regardant Lana, Theo avait envie de renouer avec l’espèce humaine. De croire qu’il restait une part d’humanité dans ce monde. Et pour cela, la jeune femme mit son égo de côté pour lui demander de rester avec elle. Pour elle.

”Je ne veux pas t’enchaîner à moi ni à ce camp, mais... Je t’apprécie et ça me ferait beaucoup de peine si tu t’en allais.”

Theo lui sourit timidement. A son grand soulagement, Lana accepta de rester tout en posant ses conditions. La sentinelle sourit à l’évocation d’une promesse qu’elle n’avait jamais tenue. Les toits étaient son monde et elle mourrait d’envie de lui faire découvrir les hauteurs du centre commercial. Néanmoins, l’ancienne journaliste avait remarqué le manque de sommeil qui rongeait de cernes le regard de Theo. Depuis combien de temps ne s’était-elle pas vraiment abandonnée à une nuit réparatrice ? L’idée de revenir dans sa chambre et de la partager avec Lana la fit sourire mais elle craignit de mal vivre cette colocation si les sentiments de la blonde à son égard n’étaient pas réciproques.

Tu veux encore la faire fuir Theo ? Garde donc tes préoccupations pour plus tard, tu auras bien le temps de voir…

”C’est d’accord, je tiendrai ma promesse cette fois. Et… si tu as gardé le vieux canapé dans ma chambre, je dormirai dedans.”

Pour sceller leur accord, Theo serra son poing et lui présenta son petit doigts. Leurs auriculaires s’enlacèrent et les deux femmes échangèrent un sourire complice. On pouvait enterrer la hache de guerre. Seulement, une ombre passa sur le visage de Lana lorsqu’elle consulta l’heure. Elle avait rendez-vous avec une autre fille sur le camp. Parce que Theo l’avait abandonnée. En temps normal, elle aurait dû se réjouir de voir que Lana s’intégrait dans le groupe de survivants. Pourtant, la jalousie fit bouillir le sang dans ses veines. La sentinelle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même, elle l’avait abandonnée et elle s’était tournée vers les personnes les plus accueillantes du camp. Cela étant, Theo avait d’excellentes raison de maudir Mary. Elle avait sans doute eu la pire idée de toute l’histoire en proposant à Lana de se promener autour du camp. La journaliste n’avait reçu aucune formation pour se défendre face aux menaces extérieures. Elle essaya néanmoins de mettre les formes.

Déconne pas, tu as failli la perdre il y a quelques secondes…

”Ne le prends pas mal mais ça ne me plait pas que tu partes seule avec Mary à l’extérieur du camp. On ne sait pas ce qui rôde et je ne voudrais pas qu’il t’arrive le moindre mal. Je sais que je ne suis pas conviée mais...”

Theo décrocha le holster qu’elle portait à la ceinture et l’attacha autour de la taille de Lana. Après quoi, elle lui remit sa machette en l’insérant dans son étui. La machette qui avait failli lui défoncer le crâne le jour de leur rencontre. Si Theo n’était pas là pour la protéger, il était hors de question que la jeune femme sorte sans arme. De plus, la brune souhaitait lui montrer toute la confiance qu’elle avait en elle. La jour où elle l’avait trouvée dans ce champ n’était qu’une mauvaise passe. Désormais, Lana était apte à recevoir les enseignements nécessaires.

”Si les morts sont assez loin, cours. N’utilise ton arme qu’en dernier recours et s’il ne faut, ne te pose pas de question : frappe à la tête.”

Theo se força à sourire mais au fond, elle enviait Mary et son stupide pique-nique. Alors que Lana s’éloignait, elle se ravisa et vint se blottir contre la brune. Instinctivement, Theo resserra ses bras autour d’elle et ferma les yeux pour savourer cet instant. Elle déposa un baiser sur sa joue avant de rapprocher ses lèvres de son oreille.

”Reviens saine et sauve, s’il te plait. J’aimerais pouvoir t’emmener regarder les étoiles sur le toit ce soir...”


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Lana avait besoin de ce soutien, de cette amitié que lui offrait Theodora. C’était tellement agréable. Cela faisait des années qu’elle ne s’était pas sentie aussi bien.

J’ai gardé le vieux canapé. Je n’ai rien touché à ta chambre. Tu sais, je ne l’ai jamais considérée comme la mienne.

Comment aurait-elle pu changer quelque chose dans cet endroit ? Elle se sentait déjà extrêmement chanceuse d’avoir un endroit où elle pourrait dormir. Bien entendu, elle n’avait pas passé une seule nuit tranquille… Il y avait toujours cette peur que quelqu’un de non-désiré entre sans prévenir. Elle en avait tellement eu l’habitude.

Ce qui la surprit le plus fut la réaction de Theodora. Elle semblait contrariée à l’idée qu’elle se mette en danger. Elle enleva sa ceinture et lui donna sa machette.

Wow… Non, attends. Mary est… plutôt équipée. Et je ne suis plus la loque que j’étais. Je préfère que tu… -

Mais elles furent interrompues par la porte qui s’ouvrit brusquement sur une charmante brune, tout sourire.

Ah tu es là jolie blonde ! Je t’ai cherchée partout. J’espère que tu n’as pas oublié notre petite escapade ? Promis, je veillerai sur toi comme la prunelle de mes yeux. J’avais tellement hâte de pouvoir me retrouver en tête à tête avec toi et de tout apprendre de toi, dans les moindres détails… Oh, Theo… Tu es là aussi… Etonnant. Tu n’es pas sur le toit en ermite, comme d’habitude ?

Le sourire de Mary se transforma en rictus tandis qu’elle attrapa Lana par le bras, son panier pique-nique dans l’autre. Serait-ce un semblant de rivalité que je sens là ? Elle fit un simple signe de tête à Theo avant d’emporter l’ex-journaliste. Oui, c'est bien ça...
Lana n’avait pas eu le temps de terminer et portait toujours la ceinture de Theodora. Elle se sentait coupable de s’être laissée embarquée aussi facilement. Elle lança un regard signifiant “Désolée” à la brune qu’elle venait de soigner et suivit docilement Mary.

Cette dernière l’emmena en dehors, lui présentant les alentours. C’était assez intéressant et surtout, ça lui changeait d’être enfermée sur le camp. Mais elle n’arrêtait pas de penser à Theodora. Elle n’arrêtait pas de penser à la joie qu’elle avait éprouvé quand elle lui avait demandé de rester… pour elle. Elle avait senti quelque chose.

Hey ma belle, je te sors de tes pensées ?
- Quoi… ? Non, pardon...
- Je te disais que c’était un bel endroit pour s’installer. Aucun mort à l’horizon, et tu vas pouvoir me parler de toi...
- Oh, oui, bien sûr.

La façon d’agir de Mary était étrange. Pourquoi tenait-elle tant à en apprendre plus sur elle ? La plupart des gens connaissaient déjà sa vie… principalement grâce à sa notoriété. Elle savait qu’ils avaient tous eu des informations sur elle, son ex-femme, son émission… Néanmoins, elle en parla un peu à la brune. Elle lui raconta comment elle était devenue journaliste, ce qui l’avait poussée à persévérer, se faire un nom. Elle lui parla de sa femme également.
Elle ne put néanmoins pas lui expliquer tout ce qui s’était passé jusqu’à ce qu’elle se retrouve dans le centre commercial. Elle résuma au maximum, lui parlant de son errance, et du moment où Theodora l’avait sauvée.

Tu as dû te sentir très seule… Et encore maintenant, je me trompe ?
- Oui. Oui, c’est un fait mais grâce à Theo j’ai…-
- Oui oui, elle est une aide précieuse sur le camp. Mais ne parlons pas d’elle veux-tu ? Elle est très solitaire… Et bien moins sociable que… Moi ?

Mary avait murmuré ces mots en se rapprochant doucement… ce qui n’annonçait rien de bon. Elle posa sa main sur sa cuisse avec douceur avant de la remonter jusqu’à sa hanche.

Qu’est-ce que tu...

La  brune posa un doigt sur ses lèvres pour la faire taire, avant de continuer à se rapprocher jusqu’à finalement l’embrasser. C’était donc ça… “les moindres détails”. Sous le choc, Lana resta pétrifiée, incapable de la repousser. Elle ne pouvait pas dire que ce genre d’attention ne lui avait pas manqué mais… Elle avait la sensation que c’était mal. Qu’il ne s’agissait pas de la bonne personne.
Avec délicatesse et pour éviter de vexer sa “nouvelle amie”, Lana répondit à son baiser, furtivement. Puis elle se détacha en la regardant.

Ca ne va pas ?
- Je ne comprends pas… Pourquoi ?
- Tu es… magnifique, attirante et ça fait un moment que je n’ai pas retrouvé la douceur d’une femme. Et puis, on s’entend bien, non ?

Lana lui sourit. Elle n’avait pas tort : elles s’entendaient bien. Mais quelque chose en elle était inquiétant. Comme si elle tentait de la manipuler. La paranoïa de Lana n’était pas sans explications, bien entendu, mais elle tentait de lutter contre elle, chaque jour. Pourtant, à ce moment-là, elle frissonna.

Je suis… Vraiment flattée. Seulement, je ne… Je ne suis pas prête. Ma femme… C’est encore très frais...

Un mensonge. Mensonge éhonté. Mais elle n’avait pas d’autre idée. Mary, de son côté, encaissa l’information avec difficulté. Elle commença à ranger les affaires : le pique-nique était terminé.
Pourtant, elle finit par soupirer, quand elles furent rentrées au camp. Elles étaient encore dehors, pratiquement devant la porte quand Mary l’attrapa par le bras pour lui faire face.

Tu sais… Je peux comprendre. Et je saurai être patiente. Tu en vaux la peine Lana... Et j'espère bien avoir une autre occasion de te prouver que moi aussi.

Elle se pencha pour l’embrasser tendrement, à la commissure des lèvres cette fois. Puis elle entra, laissant Lana reprendre ses esprits et soupirer de soulagement. Bon sang Lana…
Elle resta là, quelques minutes, inspirant profondément l’air extérieur, et finit par rentrer pour se diriger tout droit vers les appartements de Theodora. Là, elle se jeta pratiquement sur le lit après avoir enlevé la ceinture de la sentinelle. Et elle ne pensa qu’à une chose : les étoiles, qu’elle comptait bien voir.
(c) DΛNDELION


There is no Cure
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Theodora CrainWHATEVERTheodora Crain
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L’irruption de Mary dans l’infirmerie déplut fortement à Theo. Pas seulement parce qu’elle interrompait un moment de complicité : les deux femmes étaient en froid depuis des mois. Depuis l’arrivée de Theo, à vrai dire. Lorsqu’elle avait été acceptée dans le camp, la brune s’était rapprochée d’elle avec les mêmes arguments qu’elle utilisait pour amadouer Lana. Lui faire visiter le camp, lui apprendre les rudiments de la survie auprès des autres survivants… Assez tôt, elle s’était montrée très entreprenante et avait eu quelques gestes déplacés envers Theo. Pour l’ancienne psychiatre, la fin du monde ne signifiait pas qu’elle n’avait plus rien à perdre. Elle n’acceptait pas de devenir le jouet de n’importe qui pour éviter la solitude. D’autant plus que Mary se montrait intrusive dans ses paroles et ses agissements. Ce comportement n’était pas au goût de Theodora. Ainsi, la jeune femme la repoussa plusieurs fois de manière diplomatique jusqu’à perdre patience et lui exposer sèchement sa façon de penser. Depuis, elles ne s’adressaient la parole qu’en cas d’extrême nécessité.

En l’occurrence, Mary n’hésita pas à cracher son venin avant d’emmener Lana hors de l’infirmerie. Fendillant un peu plus le coeur de la sentinelle. Désireuse de ne pas se montrer grossière auprès de la journaliste, Theo garda le silence à cet affront. Un seul détail la soulageait quand à cette escapade à l’extérieur : Mary souhaitait clairement s’attirer les faveurs de Lana, aussi, elle était sûre qu’elle protègerait la jolie blonde au péril de sa vie. C’était toujours ça de gagné. Dans sa tristesse, Theo préférait la voir partir avec Mary que de se faire mettre en pièce par les rôdeurs.

Plusieurs heures s’écoulèrent pendant lesquelles la brune regagna son poste sur les toits. Davantage pour guetter le retour de la journaliste que pour surveiller les intrus autour de la communauté. Lorsqu’elle remarqua du mouvement aux abords du centre commercial, la sentinelle mit son fusil en joue pour regarder à travers le viseur. Il s’agissait bien d’elles… Elle avait une vision très nette des deux femmes revenant dans l’enceinte du camp. Si nette qu’elle vit Mary retenir Lana pour l’embrasser.

T’avais raison depuis le début, Crain. Tu t’es fourré le doigt dans l’oeil en pensant qu’elle s’intéressait à toi.

Une poigne d’acier se referma sur le coeur de Theo. Au diable Mary et ses convoitises. Elle ne s’intéressait même pas à Lana pour la femme qu’elle était. Tout ce qui l’intéressait, c’était d’avoir quelqu’un à sa merci, avec en prime le fait que Lana ait connu la célébrité. Cela rendait Theo malade, mais elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même.

Si tu n’avais pas cessé de veiller sur elle, tu n’en serais peut-être pas là.

Impossible de blâmer la journaliste, elle n’avait fait que suivre son coeur. Et il semblait qu’elle s’était décidée plus tôt que prévu. La sentinelle se demanda alors ce que pouvait bien signifier l’échange qu’elles avaient eu auparavant. Lana s’était serrée contre elle, avait eu ces mots tendres pour toucher son âme. Agissait-elle de la sorte avec toutes ses amies avant l’invasion ? La brune avait espéré être plus que cela, mais peut-être devrait-elle s’en contenter ?

Loin d’oublier qu’elle lui avait promis de passer la soirée sur les toits du camp, l’ancienne psychiatre soupira en abandonnant son poste. Au loin, elle apercevait une autre sentinelle prendre la relève dans un angle opposé du bâtiment. Elle quitta donc son mirador de fortune pour rejoindre sa chambre en boitant. Sa blessure à la cuisse l’élançait toujours, mais pas autant que son coeur. Elle savait qu’il serait difficile pour elle de passer la soirée en compagnie de Lana. La journaliste avait jeté son dévolu sur Mary, les jeux étaient faits.

En appui sur la rampe, elle descendit les escaliers en s’efforçant de ne pas mettre tout son poids sur sa jambe blessée. Le chemin jusqu’à ses quartiers lui parut moins long que d’habitude : elle était partagée entre l’envie de revoir Lana et celle de l’éviter. Mais si elle la fuyait à nouveau, elle la perdrait définitivement, c’était certain.

Lorsqu’elle poussa enfin la poste de sa chambre, la journaliste était installée sur son lit. Theo se força à lui sourire malgré sa peine.

”Hey, tu es revenue en un morceau ! C’était bien… cette balade ?”

La jeune femme s’interdit d’évoquer la présence de Mary. La jalousie aurait pointé à travers sa voix et elle pouvait à tout moment déraper. Cette fois, Theo ne voulait plus blesser Lana avec ses sautes d’humeur. La journaliste s’efforçait déjà de retrouver la santé, elle ne pouvait pas l’ennuyer davantage.

”Tu sais, si tu es trop fatiguée, on ira sur les toits une autre fois.”

Belle technique d’évitement… Tu crois que ça marchera à tous les coups ?


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